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  • "Incapables de ne rien faire par eux-mêmes, ils ne voient que le mal." Camille Claudel

  • Nous sommes tous en danger !
  • Pasolini, le prophète, avait raison sur presque tout : nous sommes tous en danger. Le « nivellement brutalement totalitaire du monde » dont il avait parlé se réalise. Grâce à la télévision et au marché, un modèle unique et exclusif est imposé au monde entier ; « ce que le fascisme historique avait échoué à réaliser, le nouveau pouvoir conjugué du marché et des médias l’opère en douceur (dans la servitude volontaire) : un véritable « génocide culturel », où le peuple disparaît dans une masse indifférenciée de consommateurs soumis et aliénés ».

    Forum

    Message d’une amie stéphanoise de mai 1968...

    Il est question de poulailler sur son blog (mais pas d’île)... Mais nous ne sommes pas, chez Artémisia , même si nous apprécions “l’île au poulailler”, (en tout cas le talent de la dessinatrice, important contre la barbarie machiste, le talent des dessinatrices), nous ne sommes pas pour autant des poules au pot, ni des poules de basse cour, des poules à plumer, ni des poules de luxe (comme notre première dame)... Nous sommes des femmes de combat, avec l’aide de quelques hommes (et non de coqs, ni de dindons) ! Qu’on se le dise !!! Nous ne sommes pas non plus des poules à polpot d’ailleurs.

    Ce n’est qu’un combat, la bataille continue !


    Voici donc ce qu’écrit "Superginette" sur son blog, à propos de notre amitié de mai 1968 et d’aujourd’hui :

    “C’est un vrai spécial copinage que je fais aujourd’hui

    Pas un copinage moqueur et rigolard, voire vachard...

    En hommage au talent fou d’une femme "qui en a là-dedans"

    Et qui a surtout des doigts de magicienne

    "Fouillat, non de non" comme on dit là bas.

    Parce que si Saint’E a eu la Manu, ses mines, sa grand rue

    son tramway et mêmes ses trolleys,

    Elle avait aussi ses rades

    ou nous avons

    autour d’un mauvais pot de vin rouge

    refait le monde.

    C’était en 1967/68

    nous avions 20 ans.

    Avec nos amis peintres ou poètes, maudits malgré eux,

    Nous les filles nous avions juste le droit d’écouter.

    Alors toi, “CM”, pour pouvoir dire, raconter et extérioriser

    ce qui dans le moment présent n’était pas trop de mise

    Tu as exercé ton immense talent

    Tout simplement en dessinant

    C’était ton exorcisme à toi.

    Les hasards du net, mais je ne crois pas au hasard du reste

    Nous ont fait nous retrouver

    Je suis fière et surtout très émue de faire encore partie de tes amies

    et je n’ai qu’une chose à te dire :

    Chapeau bas Madame Chantal Montellier."

    A.D.

    vive le XIXème siècle

    Au courrier ce message que m’a adressé Lan Prima dont je partage la colère :

    vive le XIXème siècle

    Colère après la déclaration de Sarko qui impulsivement décide de considérer la schyzophrénie et autres avatars comme dangereux pour la société (certes un fait divers l’avait pousser à répondre... Au tacotac comme d’habitude). Retourner aux pratiques du XIX ème siècle avec moyens modernes de fichage lui semble la voie de la sécurité plutôt que celle de soigner.

    Vous, et certain(e)s orwelliens, Huxleyens, etc. l’avaient facheusement prévu. Bref, rien ne s’arrange.

    Cf : L’émission : "Les pieds sur terre" du 09 février sur France Culture, je crois. Cordialement.

    Libération de la femme, version dessinatrices

    (ce n’est qu’un combat le commerce continue).

    Ce matin sur France Culture, dans l’émission "Tout Arrive" d’Arnaud Laporte, nous avons eu le plaisir d’entendre parler deux auteurs de bd bien en cour et fort médiatisés : Dupuy et Berbérian.

    Grâce à eux j’ai eu la satisfaction d’apprendre que la vraie bande dessinée d’auteur commençait juste... aujourd’hui ! Je cite : "Les choses ont beaucoup évoluées, maintenant l’auteur de bande dessinée est un artiste à part entière". Il me semble pourtant me souvenir, que dès les années 70, certains dessinateurs et auteurs de bd étaient déjà considérés, à juste titre, comme d’authentiques créateurs, même si le festival d’Angoulême ne les reconnaissait pas toujours.

    Quelques noms au hasard : Jean-Claude Forest et son Hypocrite, José Munoz et son Alack Sinner, Le sublime Guido Crépax et sa somptueuse Valentina, l’extraordinaire Buzzelli et son inoubliable révolte des ratés, Will Eisner et son émouvant bail avec Dieu, Alex Barbier et ses étranges Lycaons, Masse et ses bonshommes en chapeau melon, Max Cabannes et sa crognotte rieuse, Nicole Claveloux et sa main verte... pour ne citer qu’eux. J’espère que les “Monsieur Jean” s’en souviennent ?

    Mais revenons à l’émission. Les deux mêmes nous parlent maintenant, avec une grande satisfaction, de l’exposition vedette qu’ils ont permis à Ruppert et Mulot d’organiser : la maison close.

    Le journaliste, lui, déplore un certain inconfort et se dit frustré : "La pièce rouge est assez frustrante... Il faut se mettre dans une position inconfortable... Regarder par des oeilletons..."

    L’un des deux Monsieur Jean (Dupuy, il me semble) le renvoie aux images publiées sur le site, puis il donne quelques explications sur ce qui a motivé l’expo :" On a dit à Mulot et Ruppert, faites ce que vous voulez ! Ils avaient cette petite idée de maison close... Un pied de nez à toutes ces expositions ou l’on enferme les filles dans un espèce de carcan... C’est un pied de nez !" Vous avez bien lu ! A la question : comment libérer les dessinatrices des soit disant carcans des expos, notamment sur le thème "la femme auteure de bande dessinée" ? La réponse est simple : Vous n’avez qu’à les enfermer dans un bordel, et là elles pourront enfin s’éclater ! Elles ne se sentiront plus opprimées par un “carcan”, elles seront enfin libres de s’exprimer !

    Vive la libération de la Femme par la prostitution (symbolique).

    — Oui, oui ! Allez y mesdames, livrez nous vos fantasmes en tant que putes, le reste est notre affaire... (cf : les cochons de payants) Tout ça est d’une belle et bonne logique commerciale, non ? Suffisait d’y penser.

    "Sublime forcément sublime !"

    Le journaliste demande alors au “Monsieur Jean” ce qu’il pense des maisons closes, et il répond, quelques regrets dans la voix :

    — ” Je n’ai pas pu les pratiquer... Elles sont fermées depuis trop longtemps". Hélas ?

    En tant que femme dessinatrice et bien que n’ayant rien à montrer aux voyeurs pré et post pubères de cette exhibition Angoumoisine au-goût-moisi, car n’en faisant heureusement pas partie, je tiens à remercier notre joyeuse bande des 4 pour cette initiative généreuse au profit de l’émancipation féminine !

    Bravo messieurs, grâce à vous la condition de la femme bédéaste a progressé d’un pas gigantesque vers le... 19e siècle !

    Chantal Montellier

    Fesse-tival d’Angoulême et maison close

    "Angoulême ouvre sa maison close !" nous informe-t-on, rigolards, sur Internet en parlant d’une expo vedette de bédé sur ce thème stimulant pour l’esprit et l’intelligence. Le bordel s’ajoute au bordel dans l’intérêt de la création, bien sûr !

    Déjà, le patron des éditions Soleil avait engagé des filles quasi nues pour faire la danse du ventre sur ses stands et attirer le chaland, pourquoi pas cette année des dessinatrices aux seins nus ? Pourquoi ne pas ajouter une fellation à la dédicace ? Et aussi quelques cabines derrières les tables des marchands ?

    Les plus âgées des bédéastes pourraient être recyclées en sous-maîtresses ? Enfin, j’aurais une chance de trouver une place dans ce festival à défaut d’y voir exposer mes oeuvres trop "radicales" paraît-il. Le bordel,lui, est consensuel ! Cela s’appelle le progrès de la civilisation.

    Ruppert et Mulo, les dessinateurs-macs d’occasion qui ouvrent la "maison close" en question ont recruté quelques dessinatrices consentantes qui y sont allées de leur prestation. Quelle audace mesdames ! Quel humour ! Quelle belle liberté en bas résille !!!

    "Ce qu’il faut comprendre, explique doctement dans la bd un des deux recruteurs à une dessinatrice, c’est que c’est une métaphore ce truc de maison close." Ah bon ? Et métaphore de quoi ? Du festival lui même ? Alors il faut de la dénonciation, pas de la complaisance. "Il ne faut pas parler de prostitution aux filles" explique le même quelques vignettes plus loin. De quoi faut-il leur parler pour les convaincre de jouer à la pute métaphoriquement ? De la libération de la femme ?

    Personnellement je trouve cette maison close plutôt obscène et, entre de nombreux autres, le dessin représentant un personnage de Trondheim (et j’imagine dessiné par lui ?) me débecte particulièrement au premier, deuxième, centième degré.

    Ce dessin représente un type à tête (et cervelle ?) d’oiseau devant la porte du bordel, il s’adresse à un client du lieu en ces termes : "... Je savais que tu aimais la viande, mais de là à aller aux putes !"

    Pour l’auteur de cette image, les prostituées sont donc (à quel degré ?) moins que la viande des étals de boucherie !

    J’ai déjà entendu, lu ça des milliers de fois sous la plume de gros cons, de salauds, de fachos : "les putes, c’est des bouts de viande !" et toujours, la même colère me saisit. D’autant plus qu’en ce moment,la "crise" aidant, les femmes paient un lourd tribu au maintien de notre bonne et équitable société patriarcale et de ses intérêts dominants. Ceux de certains maquereaux d’Angoulême en font-ils partie ? On le dirait.

    Bref, je trouve ce genre d’humour assez immonde (comme la bête, qui semble se réveiller), et ce à tous les degrés !

    La modernité c’est le ricanement ? Je constate que décidemment le rire n’est pas que le propre de l’homme, il est aussi celui des hyènes qui parfois lui ressemble.

    Pour conclure je laisse la parole à Moni, une amie, femme de théâtre, écrivain et metteur en scène :

    Quelle géniale idée cette "maison close", quelle finesse symbolique !

    C’est bien connu, au fond nous désirons toutes, nous les femmes, nous faire mettre par des chauves imbéciles ou sucer des bites de vieux bedonnants ridicules contre de l’argent car ce n’est même pas un travail, que du bonheur, que du plaisir ! Oui, nous rêvons toutes d’être ces bêtes de bordel, coquines, sexy, abandonnées à notre mac, notre maître. Toujours consentantes, soignées, prêtes à se plier à tous les fantasmes, jamais un mot plus haut que l’autre, jamais un mot, oui, exceptés ceux qui font bander...

    Nous sommes des sous-hommes, des sorcières, des putes. Il faut nous dresser, nous battre car si on ne sait pas pourquoi, les hommes le savent... Bien que très malines, fourbes, cupides et perverses, nous avons un QI d’huître.

    Quand il n’y aura plus de genre féminin sur terre, les hommes respireront, ils seront enfin libres ! Certains (des femmelettes !) nous pleureront.

    Nul besoin de signe distinctif pour décrire notre abomination nous la portons sur notre visage, dans notre corps, dans nos odeurs nauséabondes, notre sang cyclique, nos voix criardes, notre dégoûtante ménopause, notre cerveau étroit...

    Pourquoi chercher autre chose que ces douces et délicates places choisies de mères, de nymphettes, de putains ?

    Quel bonheur d’être les servantes de ces hommes si supérieurs, beaux, intelligents, poilus ou glabres, avec ou sans cravates.

    Moni Grégo.

    Catherine Beaunez

    J’ai tout regardé (sur internet, on ne lit pas !). J’aurais du commencer par l’introduction. Tout y est dit.

    En résumé, au départ, les "organisateurs-auteurs" pensent à une expo de filles-auteurs de BD (...vraiment ?!). Au final, ils trouvent un truc + bandant : ramener les dites auteurs à leur qualité de putes (ou non) et donner à voir - au public et aux dessinateurs - comment elles se comportent finalement sexuellement. Mais aussi leurs clients. Nous voilà tous embarqués, dès le départ, dans les fantasmes de ces 2 "organisateurs-voyeurs" qui ne s’impliquent eux-mêmes jamais dans le récit. Il y a surtout beaucoup d’ambiguité sur le fait que parfois ce sont les auteurs qui parlent -Trondheim à la sécurité (laquelle ?!) et Dupuy au vestiaire (! !) -, et parfois ce sont leurs personnages qui s’expriment. L’idée annoncée étant une partie de bras de fer, une compèt’ entre filles et garçons et au final, c’est le fantasme (hélas classique) d’ hommes qui veulent faire rentrer les nanas (même et surtout des auteures censées réfléchir sur elles-mêmes) dans leurs fantasmes clos de maison à prostitution. Les lecteurs et visiteurs vont être très excités par cette ambiguité : on va voir qui dans cette maison ? Les auteurs en personne, leurs personnages ou leurs porte- parole ? C’est marrant, cette idée pour moi se rapproche d’un climat fasciste, - heureusement, à l’intérieur de ce lieu, des personnages résistent mais pourquoi se sont-ils laissés entrainer ? -, avec des masques, de la lâcheté, du sado-masochisme, une façade irréprochable...

    Jeanne Puchol

    JPEG - 1.7 Mo
    La planche en grand format