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"Incapables de ne rien faire par eux-mêmes, ils ne voient que le mal." Camille Claudel
Pasolini, le prophète, avait raison sur presque tout : nous sommes tous en danger. Le « nivellement brutalement totalitaire du monde » dont il avait parlé se réalise. Grâce à la télévision et au marché, un modèle unique et exclusif est imposé au monde entier ; « ce que le fascisme historique avait échoué à réaliser, le nouveau pouvoir conjugué du marché et des médias l’opère en douceur (dans la servitude volontaire) : un véritable « génocide culturel », où le peuple disparaît dans une masse indifférenciée de consommateurs soumis et aliénés ».
Je voulais réagir à cet article. Concernant la question de la bande dessinée dans le domaine de la contre- culture, j’oserais dire que la bande dessinée des années 1970 (dans ses environs et un peu au début des années 80) s’est faite aussi dans le sillage du rock (et je pense aussi à la peinture des Erro ou Combas). Il y avait des passerelles (dites moi si je me trompe) entre plusieurs domaines artistiques. Ce que j’ose constater, c’est qu’il y a depuis quelque temps des barrières entre les domaines artistiques et artisanaux (depuis, l’explosion Internet crée une petite ébauche inverse), et le public d’aujourd’hui semble vouloir à tout prix cloisonner encore plus les choses. Celui-ci souhaite que la bd ne soit que divertissante mais "pas comme la télé tout de même" et d’autant plus, beaucoup attendent un équivalent avec le cinéma (en particulier hollywoodien). Contre-culture ou culture, pour moi, la question n’est-elle pas de renouer des passerelles plus évidentes entre différents domaines, métiers, professions, etc. ?
(Petit aparté sur la boucle d’oreille : les marins de l’ancien temps portaient aussi des boucles d’oreilles, au cas où ils meurent en mer, celles-ci seraient à remettre à leurs épouses).