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  • "Incapables de ne rien faire par eux-mêmes, ils ne voient que le mal." Camille Claudel

  • Nous sommes tous en danger !
  • Pasolini, le prophète, avait raison sur presque tout : nous sommes tous en danger. Le « nivellement brutalement totalitaire du monde » dont il avait parlé se réalise. Grâce à la télévision et au marché, un modèle unique et exclusif est imposé au monde entier ; « ce que le fascisme historique avait échoué à réaliser, le nouveau pouvoir conjugué du marché et des médias l’opère en douceur (dans la servitude volontaire) : un véritable « génocide culturel », où le peuple disparaît dans une masse indifférenciée de consommateurs soumis et aliénés ».

    Bienvenue sur le site de Chantal Montellier

    20 janvier 2015

    Ces morts que nous n’allons pas pleurer

    Par Mathias Delori

    Une sensation circule depuis l’attentat perpétré contre la rédaction de Charlie Hebdo : nous sommes en train de vivre un « 11 septembre français ». Si on laisse de côté la question du volume (environ trois mille morts d’un côté, une douzaine de l’autre), le parallélisme entre les deux événements saute en effet aux yeux. Dans les deux cas, les attentats ont été perpétrés par des personnes se réclamant de l’Islam. Ils ciblent par ailleurs des personnes civiles et des symboles de la modernité occidentale (la presse ici, le capitalisme là-bas). Enfin, ils mettent en œuvre une stratégie « terroriste » au sens où il s’agit de provoquer une émotion de peur dans le pays touché. Cette idée selon laquelle nous aurions affaire à un « 11 septembre français » a donc fleuri dans les rédactions. Elle conduit les commentateurs à s’interroger sur les leçons à tirer du 11 septembre américain et, plus généralement, à l’attitude à adopter face à cette « menace ».

    A ce propos, deux interprétations semblent structurer le débat public. La première, outrancièrement raciste, affirme que l’Islam a déclaré la guerre à l’Occident et que ce dernier est en droit de se défendre. E. Zemmour, M. Houellebecq et d’autres islamophobes vont certainement s’engouffrer dans la brèche dans les prochains jours. Le corollaire de cette vision du monde est la peur ou la haine de l’Islam, peur et haine que les personnes susmentionnées ne récusent pas. La seconde interprétation invite au contraire à ne pas faire d’amalgame entre Islam et terrorisme et à ne faire la guerre qu’à ce dernier. Cette deuxième approche, dominante dans les discours officiels et les éditoriaux de la presse « mainstream », est plus nuancée que la première dans la mesure où elle dénonce la grossièreté de l’opération consistant à assimiler un milliards d’individus aux actes d’une poignée. Elle se présente par ailleurs comme « humaniste » au sens où elle condamne les idéologies haineuses et invite à se recueillir, pacifiquement, en solidarité avec les victimes des attentats.

    Bien que différentes en première analyse, ces deux interprétations présentent au moins un point commun : leur dimension très émotionnelle. En effet, elles ne se fondent pas seulement sur des raisonnements articulés mais également sur une constellation (différente) de sentiments et d’affects. D’un côté, les islamophobes grossiers sont animés par des émotions négatives : peur et haine de l’autre, instincts revanchards, etc. D’un autre côté, les « humanistes » semblent traversés, d’abord et avant tout, par des émotions positives : compassion et sympathie avec les victimes, attachement affectif à des « grandeurs » positives (la liberté de la presse, la démocratie libérale, la république, etc.). La dimension émotionnelle de ces deux cadres d’interprétation se donne à voir dans l’espace public quand un groupe de personne brûle passionnellement un Coran et quand d’autres convergent les yeux rougis vers les places de la république pour un moment de recueillement. Ces deux types de scènes ont marqué l’imaginaire américain après le 11 septembre. Internet et les médias français nous passent en boucle leur équivalent français depuis le drame du 7 janvier.

    Le caractère public et collectif de ces réactions émotionnelles nous rappelle que les émotions sont tout sauf des réactions spontanées. En effet, ces sentiments qui nous semblent si personnels, si intimes, si « psychologiques » sont en réalité médiatisés par des cadres interprétatifs qui les génèrent, les régulent et leur donnent un sens. Derrière les émotions se cachent des discours, des perspectives et des partis pris moraux et politique dont il importe de comprendre la nature pour bien mesurer leurs effets. Or quelle leçon pouvons-nous tirer de cette observation très générale sur le caractère socialement construit des émotions et de ce qu’on pourrait appeler le « précédent américain » ?

    La philosophe J. Butler s’est intéressée aux réactions émotionnelles aux attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. Elle a relevé que ces réactions se sont articulées selon les deux dimensions évoquées plus haut : la dimension négative génératrice de haine, de peur et de désir de revanche et la dimension positive invitant à la compassion et à l’indignation morale face à l’horreur. J. Butler s’est principalement intéressée à la seconde car elle n’a pas, en apparence, le caractère belligène et grossier de la première. Ses conclusions intéresseront peut-être celles et ceux qui s’inscrivent dans le cadre humaniste, affirment « être Charlie » et veulent réfléchir au sens de leurs gestes politiques.

    La première observation de J. Butler porte sur le caractère extraordinairement sélectif de ces sentiments de compassion. Elle relève que le discours humaniste a organisé la commémoration des 2 992 victimes des attentats du 11 Septembre sans trouver de mots ni d’affect pour les victimes, incomparablement plus nombreuses, de la guerre américaine contre le terrorisme. Sans nier avoir elle-même participé « spontanément » à ces scènes de commémoration, J. Butler pose la question suivante : « Comment se fait-il qu’on ne nous donne pas les noms des morts de cette guerre, y compris ceux que les USA ont tués, ceux dont on n’aura jamais une image, un nom, une histoire, jamais le moindre fragment de témoignage sur leur vie, quelque chose à voir, à toucher, à savoir ? ».

    Cette question rhétorique lui permet de pointer du doigt le fait que des mécanismes de pouvoir puissants se camouflent derrière ces scènes apparemment anodines et (littéralement) sympathiques de compassion avec les victimes de la violence terroriste. Ces mécanismes de pouvoir se donnent à voir dans ce qu’on pourrait appeler le paradoxe du discours moderne et humaniste. Alors que ce discours accorde a priori une valeur égale à toutes les vies, il organise en réalité la hiérarchisation des souffrances et l’indifférence de fait (ou l’indignation purement passagère) par rapport à certaines morts : les morts de la « forteresse Européenne » (19 144 depuis 1988 d’après l’ONG Fortress Europe) et les enfants de Gaza – pour prendre deux exemples étudiés par Butler – ou encore les 37 personnes tuées dans un attentat au Yemen le jour même du drame de Charlie Hebdo, pour prendre un exemple plus récent.

    Le corolaire pratique de cette observation est que ces cérémonies de commémoration ne sont pas triviales. Derrière leur paravent de neutralité positive, elles sont des actes symboliques performatifs. Ces cérémonies nous enseignent quelles vies il convient de pleurer mais aussi et surtout quelles vies demeureront exclues de cette économie moderne et humaniste de la compassion.

    Appliquée à l’actualité française, l’étude de J. Butler apporte un éclairage sur la réaction officielle et dominante – c’est-à-dire « humaniste » et « compatissante » – au drame de la rédaction de Charlie Hebdo. Cette analyse invite à se décentrer et à s’interroger sur les effets de ces discours et gestes de compassion. Or il n’est pas certain que les effets mis en avant par les partisans de ce discours soient les plus importants. On nous explique que ces discours de sympathie et ces gestes de compassion peuvent aider les familles de ce drame à accomplir leur deuil. Mais ces familles (et les lecteurs de Charlie Hebdo qui ont noué des liens d’attachement à ces victimes) ne préféreront ils pas faire ce travail dans l’intimité ? On nous dit ensuite que ces discours et ces gestes sont une manière de réitérer le principe de la liberté d’expression. Mais qui pense réellement que ce droit fondamental soit aujourd’hui menacé en France, notamment quand celui-ci consiste à caricaturer la population musulmane, laquelle est – et restera vraisemblablement dans les moments à venir – fréquemment moquée, caricaturée et stigmatisée ?

    Le travail de J. Butler nous enseigne que ces discours et ces gestes produisent plus certainement des effets belligènes. En effet, on aurait tort de penser que les guerres et la violence ne prennent racine que dans les émotions négatives. Contrairement à une idée fort répandue, la haine du boche et du « Franzmann » n’a pas été le premier moteur de la Première guerre mondiale. Cette guerre a d’abord pris racine dans les sentiments les plus positifs qui soient : la compassion pour les victimes nationales des guerres passées, l’attachement à la communauté nationale ou encore l’amour de grandeurs aussi universalistes que la « civilisation » en France et la « Kultur » en Allemagne.

    On a le droit de penser que la guerre contre le terrorisme islamiste est une guerre légitime. Mais il importe d’être conscient d’une réalité statistique. En trente ans, le terrorisme islamiste a fait environ 3500 victimes occidentales, soit, en moyenne, un peu moins de 120 chaque année. Ces 120 morts annuels sont 120 catastrophes personnelles et familiales qui méritent reconnaissance. Ce nombre est toutefois bien inférieur à au moins deux autres : 9 855 (le nombre de morts par arme à feux aux États-Unis en 2012) et 148 (le nombre de femmes tuées par leur conjoint en France en 2012). Cette nécro-économie (E. Weizman) est certainement trop froide. Elle nous enseigne cependant que nos attitudes politiques sont embuées par notre sensibilité différenciée par rapport à la violence. En effet, personne n’aurait l’idée d’envoyer des bombes de 250 kg sur les maisons des auteurs d’homicide aux États-Unis. De même, aucun chef de gouvernement ne penserait à décréter l’Etat d’exception après avoir pris connaissance du nombre de meurtre sexiste et intra-familial en France. Pourquoi cet unanimisme, dans la presse de ce matin, au sujet de la nécessité de ne pas baisser les pouces dans le cadre de la guerre (militaire et non métaphorique) au terrorisme islamiste ?

    Cette économie sélective de la compassion produit un deuxième type d’effet en ce qui concerne la perception de la violence d’État occidental. Les discours communautaristes ou racistes ont ceci de particulier qu’ils mettent bruyamment en scène la violence qu’ils déploient. À l’inverse, le discours moderne et humaniste est aveugle par rapport à sa propre violence. Qui a une idée, même approximative, du nombre de morts générés par la guerre américaine en Afghanistan en 2001, par celle des États-Unis et du Royaume-Uni en Irak en 2003 ou encore par l’intervention de la France au Mali en 2013 ? L’une ou l’autre de ces guerres était peut-être légitime. Mais le fait que personne ne soit capable de donner une estimation du nombre de morts qu’elles ont généré doit nous interroger. Dans ces moments où nous sommes submergés par les émotions, il peut être intéressant de penser à tous ces précédents et à ces morts, à venir, que nous n’allons pas pleurer. http://blogs.mediapart.fr/blog/mathiasdelori

    20 janvier 2015

    Pourquoi nous sommes tous morts

    lundi 12 janvier 2015 à 13h52, par Gavroche sur le site libertaire de “Article 11”

    (...) Oui, les dessinateurs de Charlie sont morts dans des conditions épouvantables, et personne ne devrait mourir pour des dessins, même racistes pour certains d’entre eux.

    (...)

    Et pis tiens, je vous transmets le texte de Pacôme Thiellement, qui raconte avec talent ce que j’aurais aimé écrire :

    Nous sommes tous des hypocrites. C’est peut-être ça, ce que veut dire « Je suis Charlie ». Ca veut dire : nous sommes tous des hypocrites. Nous avons trouvé un événement qui nous permet d’expier plus de quarante ans d’écrasement politique, social, affectif, intellectuel des minorités pauvres d’origine étrangère, habitant en banlieue. Nous sommes des hypocrites parce que nous prétendons que les terroristes se sont attaqués à la liberté d’expression, en tirant à la kalachnikov sur l’équipe de Charlie Hebdo, alors qu’en réalité, ils se sont attaqués à des bourgeois donneurs de leçon pleins de bonne conscience, c’est-à-dire des hypocrites, c’est-à-dire nous. Et à chaque fois qu’une explosion terroriste aura lieu, quand bien même la victime serait votre mari, votre épouse, votre fils, votre mère, et quelque soit le degré de votre chagrin et de votre révolte, pensez que ces attentats ne sont pas aveugles. La personne qui est visée, pas de doute, c’est bien nous. C’est-à-dire le type qui a cautionné la merde dans laquelle on tient une immense partie du globe depuis quarante ans. Et qui continue à la cautionner. Le diable rit de nous voir déplorer les phénomènes dont nous avons produits les causes.

    A partir du moment où nous avons cru héroïque de cautionner les caricatures de Mahomet, nous avons signé notre arrêt de mort. Nous avons refusé d’admettre qu’en se foutant de la gueule du prophète, on humiliait les mecs d’ici qui y croyaient – c’est-à-dire essentiellement des pauvres, issus de l’immigration, sans débouchés, habitant dans des taudis de misère. Ce n’était pas leur croyance qu’il fallait attaquer, mais leurs conditions de vie. A partir de ce moment-là, seulement, nous aurions pu être, sinon crédibles, du moins audibles. Pendant des années, nous avons, d’un côté, tenu la population maghrébine issue de l’immigration dans la misère crasse, pendant que, de l’autre, avec l’excuse d’exporter la démocratie, nous avons attaqué l’Irak, la Libye, la Syrie dans l’espoir de récupérer leurs richesses, permettant à des bandes organisées d’y prospérer, de créer ces groupes armés dans le style de Al Quaïda ou de Daesch, et, in fine, de financer les exécutions terroristes que nous déplorons aujourd’hui. Et au milieu de ça, pour se détendre, qu’est-ce qu’on faisait ? On se foutait de la gueule de Mahomet. Il n’y avait pas besoin d’être bien malin pour se douter que, plus on allait continuer dans cette voie, plus on risquait de se faire tuer par un ou deux mecs qui s’organiseraient. Sur les millions qui, à tort ou à raison, se sentaient visés, il y en aurait forcément un ou deux qui craqueraient. Ils ont craqué. Ils sont allés « venger le prophète ». Mais en réalité, en « vengeant le prophète », ils nous ont surtout fait savoir que le monde qu’on leur proposait leur semblait bien pourri.

    Nous ne sommes pas tués par des vieux, des chefs, des gouvernements ou des états. Nous sommes tués par nos enfants. Nous sommes tués par la dernière génération d’enfants que produit le capitalisme occidental. Et certains de ces enfants ne se contentent pas, comme ceux des générations précédentes, de choisir entre nettoyer nos chiottes ou dealer notre coke. Certains de ces enfants ont décidé de nous rayer de la carte, nous _ : les connards qui chient à la gueule de leur pauvreté et de leurs croyances.

    Nous sommes morts, mais ce n’est rien par rapport à ceux qui viennent. C’est pour ceux qui viennent qu’il faut être tristes, surtout. Eux, nous les avons mis dans la prison du Temps : une époque qui sera de plus en plus étroitement surveillée et attaquée, un monde qui se partagera, comme l’Amérique de Bush, et pire que l’Amérique de Bush, entre terrorisme et opérations de police, entre des gosses qui se font tuer, et des flics qui déboulent après pour regarder le résultat. Alors oui, nous sommes tous Charlie, c’est-à-dire les victimes d’un storytelling dégueulasse, destiné à diviser les pauvres entre eux sous l’œil des ordures qui nous gouvernent ; nous sommes tous des somnambules dans le cauchemar néo-conservateur destiné à préserver les privilèges des plus riches et accroître la misère et la domesticité des pauvres. Nous sommes tous Charlie, c’est-à-dire les auteurs de cette parade sordide.

    Bienvenue dans un monde de plomb.

    7 janvier 2015

    Artemisia avec Charlie

    26 novembre 2014

    Elues Croc’Odiliennes ?

    Elues Croc’Odiliennes ?,

    Sylvie Chabroux, l’attachée de presse d’Artémisia vient de nous alerter au sujet de la censure toulousaine qui frappe L’expo autour de la BD "Les Crocodiles" réalisée par Thomas Mathieu et prévue pour la « Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes » (le 25 novembre) . Cette expo est interdite d’affichage dans le Square Charles de Gaulle à Toulouse. Deux élues de la Mairie s’y opposent fermement.

    La ville rose, passée au main de l’UMP-UDI au printemps dernier, veut bien des affiches trash pour lutter contre la violence routière mais pas de BD choc pour lutter contre la violence faite aux femmes. Les édiles de la ville - emmenés par deux femmes, Laurence Katzenmeyer adjointe au maire en charge de la famille et Julie Escudier conseillère municipale déléguée et 17e vice-présidente de Toulouse Métropole en charge de la cohésion sociale - en dénoncent notamment "l’aspect immoral" et la "vulgarité".

    Les femmes (des électrices comme les autres) apprécieront… et les dessinatrices anti crocodiles aussi.

    J’ai personnellement consacré un album à ce sujet éternel : les prédateurs sexuels de femmes à la chair tendre. Cet album occulté s’intitule “Odile et les crocodiles”. La censure crocodilienne n’avait alors frappé que par le black listage de ce bouquin transgressif, mais le bruit s’était répandu que je fréquentais trop les marigots et que mes images étaient glauques !!! Ben tiens !

    J’ai été contente lorsque, m’ intéressant à l’album de Thomas Mathieu, je suis tombée sur une interview de lui où il me citait, du moins mon livre, comme source d’inspiration. La chose est plutôt exceptionnelle et j’aurais plutôt imaginé que le flambeau serait repris par une Odile !! Hélas...

    En regardant de plus près les dessins que, dans un premier temps, j’avais trouvé un peu maladroits et enfantins, je me suis aperçue que le contenu, texte et dialogues, avait du punch et tapait souvent juste, exemple :

    Bref, au nom d’Artémisia, j’exprime mon soutien à Thomas Matthieu, et je crois que la plus grande vulgarité n’est peut être pas là où les élues toulousaines la mettent.

    Chantal Montellier Dessinatrice, scénariste, fondatrice d’Artémisia

    24 novembre 2014

    Reflexions sur la Fiac

    22 juillet 2014

    ...

    30 juin 2014

    Extrait de mon récit autobiographique en cours d’écriture.

    La Reconstitution, 1er livre.

    (...) Malgré les conséquences de cette rupture avec mon mari Pierre Charras, ma production ne faiblit pas et je publiai coup sur coup quelques albums d’assez bonne tenue, comme Odile et les Crocodiles, L’esclavage c’est la liberté, Joyeux Noël pour Andy Gang

    Certes, il y eut aussi Les Rêves du fou, Blues et Le Deuil blanc qui pouvaient faire croire à quelques simplets (nombreux dans la bédé) que j’avais un petit problème de santé mentale, mais, paradoxalement, c’était plutôt le signe de ma bonne santé puisque j’osais enfin affronter l’horreur et tenter ainsi de m’en libérer. Hélas !, comme aurait dit ma psy, « la société réemprisonne ce que la création libère », mais je l’ignorais encore à cette époque. ElitiX, lui, ne trouvait rien à redire à ces albums, réalisés sous ses yeux, et qui allaient pourtant contribuer à faire de moi une paria dans le monde des petits Mickey et des grosses Castafiore…

    Paraphrasant Molière dans Tartuffe, mes ingénus détracteurs auraient pu s’écrier : « Cachez ce sein-ptôme que je ne saurais voir ! Par de pareils objets, les âmes sont blessées. » En effet, mes images pour certains tenaient, semble t-il, lieu de symptôme ! Mais si, pour leur complaire, il fallait cacher toutes les représentations symptomatiques produites par les artistes au fil des siècles, il n’y aurait plus d’histoire de l’art possible et l’œuvre de Van Gogh, par exemple, serait depuis longtemps à la déchetterie. L’oeuvre d’art véritable ne se construit-elle pas que sur la blessure, le manque et le besoin de les sublimer ?

    C’est peut-être cela qui différencie un art adulte d’un art mineur, la capacité à produire des images qui intègrent et mettent en lumière au lieu de les refouler, la face noire et la part maudite de l’humanité, de la vie.

    Viviane Forrester, une femme de lettres et essayiste aujourd’hui disparue, avait eu ces mots dans une émission qui lui était consacrée : « On nous vend l’oubli de notre mort, pour mieux manipuler nos vies. »

    La bédé en est souvent un bon exemple, qui nous infantilise de 7 à 77 ans.

    12 juin 2014

    Une interview autour de l’exposition « K : Kafka dans la bande dessinée », de Prague

    Il y a cent ans, Kafka achevait le "Procès". Pour rendre hommage au romancier, la ville de Prague célèbre cet anniversaire en accueillant deux expositions jusqu’à fin juin, dont l’une est consacré à « K : Kafka dans la bande dessinée ». Autour du travail scénaristique de David Zane Mairowitz sont exposés les artistes Chantal Montellier, Robert Crumb et Jaromír 99.

    Autour de l’adaptation du Procès, Chantal Montellier répond à Radio Prague.

    à lire ici :

    http://www.radio.cz/fr/rubrique/his...

    17 avril 2014

    Dans les archives de l’Ina

    A propos de l’album "Le sang de la commune", Chantal est interviewée par Jean-Pierre DIONNET et Philippe MANOEUVRE (avril 1982). C’est à partir de là que les forces du grand capital se sont déchaînées contre elle…

    http://boutique.ina.fr/video/I13269627/chantal-montellier-a-propos-de-son-oeuvre.fr.html

    13 avril 2014

    François Hollande n°2

    (cliquez sur l’image pour l’agrandir)

    3 avril 2014

    La BD fait sa révolution, sans les femmes, une conférence de Chantal Montellier le 5 avril

    Le samedi 5 avril, Chantal Montellier propose une conférence sous l’intitulé "la BD fait sa révolution, sans les femmes" à Landerneau dans le cadre de l’exposition “quand la bd fait sa révolution” organisée par M.E. Leclerc.

    Au programme : De l’importance de la bande dessinée dans les systèmes de représentation et l’imaginaire collectif.
    - BD art mineur pour les majeurs ? Art majeur pour les mineurs ?
    - Un art prisonnier de son lectorat ?
    - Une “révolution” prisonnière de son passé ?

    Où sont les femmes ?

    1) L’absence des femmes dessinatrices dans cette “Révolution” de la BD et les conséquences sur les systèmes de représentations.

    2) Des femmes pourtant, soit dans la presse pour la jeunesse soit dans un journal de BD féminine : retour sur l’histoire de la revue Ah ! Nana, très vite interdite par la censure. 3) En s’appuyant sur le recueil “Sous Pression” de ses dessins politiques, Chantal Montellier témoignera de son expérience pionnière dans le dessin engagé.

    4) Présentation des personnages féminins dans les albums de Chantal Montellier

    5) Présentation de l’association Artémisia et de l’état actuel de la BD féminine.

    6) En conclusion, Chantal Montellier proposera une lecture inédite de certains passages de son récit autobiographique : LA RECONSTITUTION à paraître.

    Annexes : Les personnages féminins de Chantal Montellier

    1982, Le personnage féminin dans LE SANG DE LA COMMUNE 1983, La musicienne Angela Parker dans WONDER CITY 1984, Odile dans ODILE ET LES CROCODILES Les personnages féminins dans JULIE BRISTOL (3 tomes) 1990,-La Fosse aux serpents 1992,-Faux sanglant 1994,-L’île aux démons 1998,L’Ingénieure Lida Forest, dans LA FEMME AUX LOUPS 1998, Elisabeth Redman, dans LA DINGUE AUX MARRONS 2005, Chris Winckler et Florence Rey, dans LES DAMNES DE NANTERRE 2006, Les personnages féminins dans SORCIERES MES SŒURS 2006, Chris Winckler, dans TCHERNOBYL MON AMOUR 2011, Caroline Montbrasier, dans L’INSCRIPTION 2011, Marie Curie, dans LA FÊE DU RADIUM 2013, Christine Brisset dans L’INSOUMISE

    21 mars 2014

    Pour réenchanter le monde…

    Pour réenchanter le monde, s’il n’est pas trop tard, il faudrait beaucoup de travaux comme ceux de Chloé Préteceille. Allez-y voir, c’est un ordre !

    http://bretzelle.net/bretzelle.net/albums/Pages/Consultation_de_pediatrie_-_chiva.html

    8 mars 2014

    La dure vie des dessinateurs- trices de bd

    Lettre de Rachel Deville

    Bienvenue en Absurdie :

    Ci-joint je partage la lettre que je viens d’adresser à l’Agessa en proie à une profonde indignation suite à divers démêles avec cet organisme...

    Bonjour Monsieur ...,

    excusez-moi de vous faire parvenir ce long mail quelque peu véhément alors que vous avez répondu à mes mails de manière cordiale, mais je dois vous faire part de mon ressenti, je ne sais pas d’ailleurs si je dois m’adresser à vous, si cela est nécessaire, vous pouvez transmettre ce courrier à qui de droit...

    je suis auteure de bande-dessinée ayant réalisé à ce jour quelques commandes et publié deux albums de bande dessinée ainsi qu’un livre d’illustrations. Comme la plupart des auteurs, je ne peux pas vivre de mon travail et pour pouvoir avancer dans mes projets (généralement de gros ouvrages) je vis très humblement, bénéficiant bien malgré moi des minimas sociaux, soyons clairs, du RSA... Pouvez-vous donc vous imaginer mon niveau de vie ? je ne pense pas...

    Mais je vous explique ce qui me conduit à vous adresser ce courrier chargé d’indignation, de désarroi et cela va sans dire d’une totale incompréhension du système dans lequel nous sommes à ce jour engouffrés...

    Dernièrement, la Cité de la bande dessinée située à Angoulême où je réside m’a proposé d’animer un stage au mois de mars dans le cadre de l’ exposition "Nocturnes"qui a lieu actuellement au Musée de la bande dessinée... Plusieurs de mes planches y sont exposées et cet atelier m’a été proposé dans un esprit de filiation avec cette exposition... J’étais heureuse de pouvoir réaliser ces ateliers, voyant enfin une manière de gagner un peu d’argent au mois de mars et me permettant, pour un temps de réduire mes indemnités issues du RSA...

    Or, j’apprends il y a quelques jours que la Cité ne peut pas m’engager et doit annuler le-dit stage, mais pourquoi donc ? Eh bien parce que je ne suis pas affiliée à l’Agessa...(J’ajoute que la Cité ne peut pas me payer en salaires et qu’un simple numéro de siret ne suffit pas.)

    J’’apprends donc que, pour pouvoir être affiliée auprès de cet organisme qui, rappelons le est chargé d’une mission de service public visant à assurer la protection sociale des écrivains, traducteurs, illustrateurs, auteurs, etc…) je dois gagner à peu près 9000 euros par an...

    Vous exigez donc d’un auteur quel qu’il soit qu’il gagne cette somme afin que celui-ci bénéficie de cette"protection sociale" comme vous l’appelez, mais savez vous que la plupart des auteurs ne l’atteignent même pas sur deux , voir trois ans ? Savez-vous dans quel niveau de précarité nous vivons ? Si ce n’était que cela...Car lorsqu’il nous arrive de facturer des commandes vous prenez tout de même un pourcentage sur les sommes que nous percevons ! Et lorsqu’on vous demande un simple numéro, vous ne voulez tout bonnement pas nous le donner...

    Enfin, vous parlez de "Protection sociale" ? Mais de quelle protection sociale s’agit il lorsque ce système contribue à générer un profond sentiment d’exclusion et d’injustice ? Dans ce cas précis, je ne peux pas travailler car je ne gagne pas assez ! De plus, il vient nous empêcher d’atteindre peut-être un jour cette somme... Je n’en veux même pas , de votre protection sociale, tout ce que je veux, c’est pouvoir subvenir un peu plus dignement à mes besoins...

    Je vous remercie de m’empêcher de travailler et de contribuer à ce que je ne sorte pas du processus du RSA !

    C’est ce qu’on appelle, Monsieur le principe du chien qui se mord la queue...

    Bien à vous,

    Une auteure très en colère,

    Rachel Deville

    5 mars 2014

    A Landernau "la bd fait sa révolution". Parité ?

    75 artistes sont représentés dans l’exposition organisée à Landernau par Michel-Edouard Leclerc sous le titre “Métal Hurlant , (A SUIVRE...) La BD fait sa révolution.

    Deux femmes…

    David B.
    Baru
    Beb-deum
    Ben Radis
    Ted Benoit
    Philippe Bertrand
    Enki Bilal
    Christophe Blain
    Blutch
    François Boucq
    François Bourgeon
    Marc Caro
    Yves Chaland
    Jean-Christophe Chauzy
    Jean-Claude Claeys
    Serge Clerc
    Didier Comès
    Nicolas de Crécy
    Jacques de Loustal
    Johan de Moor
    Philippe Delaby
    Jean-Claude Denis
    Philippe Druillet
    Nicolas Dumontheuil
    Dupuy et Berberian
    Didier Eberoni
    Will Eisner
    F’murrr
    Jacques Ferrandez
    Jean-Claude Forest
    Régis Franc
    Philippe Francq
    André Franquin
    Jean-Claude G a l
    Philippe Gauckler
    Jean-Pierre Gibrat
    Paul Gillon
    Jean Giraud - Moebius
    Juanjo Guarnido
    Victor Hubinon
    Jijé
    André Juillard
    Kelek
    Patrice Killoffer
    Jean-Charles Kraehn
    Manu Larcenet
    Olivier Ledroit
    Tanino Liberatore
    Jacques Lob
    Régis Loisel
    Milo Manara
    Frank Margerin
    Jacques Martin
    Jean-Claude Mézières
    Chantal Montellier
    José Muñoz
    Jean-Michel Nicollet
    Patrice Pellerin
    Peyo
    Hugo Pratt
    Pascal Rabaté
    Etienne Robial
    Jean-Marc Rochette
    Grzegorz Rosinski
    François Schuiten
    Joann Sfar
    Denis Sire
    Benoît Sokal
    Guillaume Sorel
    Jacques Tardi
    Albert Uderzo
    William Vance
    Alex Varenne
    Winshluss
    Zep

    5 mars 2014

    Panthéon…

    15 février 2014

    Sur France 2. BD : les femmes se rebiffent

    Le 25 janvier dernier, l’émission de France 2 "Grand Public" consacrait un sujet à la bande dessinée sous le titre BD : les femmes se rebiffent avec une séquence sur la remise du prix ARTEMISIA à Catel pour son livre Ainsi soit Benoite Groult.

    QuickTime - 18 Mo

    3 février 2014

    Rencontre

    31 janvier 2014, rencontre avec Catel (qui prend la photo) et avec le graphiste Stephane Bielikoff (couverture du livre “Ainsi soit Benoîte Groult”) dans un café parisien... Que va t-il en sortir ? La même chose que de “la rencontre fortuite d’un parapluie et d’une machine à coudre sur une table de dissection” ???

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