• Citation
  • "Incapables de ne rien faire par eux-mêmes, ils ne voient que le mal." Camille Claudel

  • Nous sommes tous en danger !
  • Pasolini, le prophète, avait raison sur presque tout : nous sommes tous en danger. Le « nivellement brutalement totalitaire du monde » dont il avait parlé se réalise. Grâce à la télévision et au marché, un modèle unique et exclusif est imposé au monde entier ; « ce que le fascisme historique avait échoué à réaliser, le nouveau pouvoir conjugué du marché et des médias l’opère en douceur (dans la servitude volontaire) : un véritable « génocide culturel », où le peuple disparaît dans une masse indifférenciée de consommateurs soumis et aliénés ».

    Bienvenue sur le site de Chantal Montellier

    3 février 2010

    Les fauves d’Angoulême

    L’année dernière à Angoulême on enfermait les dessinatrices consentantes dans une “maison close” du deuxième degré (comme c’est drôle !), cette année, pour la célébration des prix attribués aux grands “fauves” de tous poils (y compris à l’homme des bordels thaïlandais !), on parsème les marches du podium de danseuses nues portant plumes et “chandeliers” sur la tête... Tout cela étant bien évidemment au deuxième degré ! (lire au sujet de l’utilisation, quelque peu abusive, du “deuxième degré” le magnifique livre du Dany-Robert Dufour La cité perverse déjà cité ici...). Certains, et des meilleurs esprits, des plus développés, sont tout de même dupes du très utile et efficace “deuxième degré”.

    Question : Jusqu’à quel (deuxième) degré tout cela va t-il descendre ?

    Remarque : Pendant la crise de 29, le capitalisme en perdition se raccrochait au cul des Pin Up (et pas seulement celui de Betty Boop) pour faire bander le consommateur et le pousser à l’achat en excitant sa libido ; 80 ans plus tard on ressort les mêmes “arguments”, ce qui prouve à quel point le “ça” post moderne a avancé !

    Idée : L’année prochaine à Angoulême je propose que l’on nous offre un beau spectacle sadien, avec esclaves sexuels en chair et en os (chrétiens ou non, mâles ou femelles, thaïlandais ou non). On les jetterait en pâture aux “fauves” après la nomination. Le tout au deuxième degré, of course !

    “Cours camarade, le vieux monde est tout juste derrière toi, la bite à la main.”



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    1er février 2010

    Festival d’Angoulême

    Ci-dessous quelques photographies du festival d’Angoulême, publiées sur le site ActuaBD le 1er février 2010.

    Pour lire l’article en question et découvrir toutes les photographies de l’évènement, cliquez ICI.

    Notre sélection se veut une interrogation plus personnelle sur le rapport entre la création de bandes dessinée et l’exhibition de danseuses dénudées ! Et aussi : en quel honneur Frédéric Mitterrand reçut-il un Fauve d’honneur ?

    Drôles de fauves par ailleurs... qui plutôt que de valoriser la bande dessinée nous laissent un certain sentiment de honte...

    Blutch.

    Le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a reçu un Fauve d’honneur.

    Riad Sattouf, prix du meilleur album pour Pascal Brutal.



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    17 janvier 2010

    La remise du Prix Artémisia 2010

    Le prix Artémisia de la bande dessinée féminine a été remis mardi 12 janvier à Laureline Mattiussi pour son œuvre L’île au Poulailler.

    Voici quelques photographies de l’évènement suivies d’une interview de Chantal Montellier, créatrice de l’association, parue dans L’Humanité le 15 janvier.

    La remise du chèque de récompense de l’association Artémisia à Laureline Mattiussi, par le mécène Michel-Edouard Leclerc.

    Chantal Montellier fait le clown

    La lauréate, Laureline Mattiussi

    La lauréate, Laureline Mattiussi


    CULTURE

    Les dessinatrices à l’abordage du prix Artémisia

    Pour sa troisième année, le prix Artémisia, qui récompense une jeune dessinatrice, a été décerné à Laureline Mattiussi. À cette occasion, la présidente du jury, Chantal Montellier revient sur la BD au féminin.

    Fondatrice et présidente du jury Artémisia qui récompense une dessinatrice, Chantal Montellier est une des pionnières du genre  : dessinatrice, auteure, elle conjugue ses activités créatrices au féminin. Proclamé le 9 janvier, il coïncide avec l’anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir.

    Lorsqu’on évalue à 10 % le nombre de femmes dans la BD, il reste encore du chemin à parcourir. Pourquoi un prix féminin de la BD  ?

    Chantal Montellier :

    Parce que la bande dessinée, destinée à tous et très largement diffusée, reste un média dominé par l’imaginaire masculin, qui véhicule des stéréotypes souvent écrasants. Par ailleurs les jurys (surtout les pré-jurys) étant généralement composés des seuls représentants du sexe dit fort, un regard féminin sur la production de bande dessinée nous paraît nécessaire.

    Le pouvoir de reconnaître, et non pas seulement de produire, est un enjeu et un symbole des plus importants pour les femmes qui participent à cette aventure. Il était temps que la bande dessinée ait un prix féminin comme la littérature et le cinéma. Ce prix existe aussi grâce à la générosité de Michel-Edouard Leclerc, un mécène passionné et en relation avec de nombreux auteurs.

    Quand j’ai démarré dans ce métier, l’un de mes éditeurs (de chez Casterman), me répétait avec insistance que « la BD de femmes ça ne se vendra jamais  ! » alors même que les scores de mes albums étaient tout à fait honorables. Il éliminait quasi systématiquement les projets présentés par des dessinatrices, même des très grandes comme Nicole Claveloux. Ce responsable éditorial n’était hélas pas le seul à réagir ainsi et je crois que beaucoup de talents féminins sont passés à la trappe. Ceci étant, les choses ont tout de même un peu changé côté BD, même si les choix que font les éditeurs peuvent parfois questionner.

    En quoi pensez-vous qu’il est nécessaire de faire entendre ces voies/voix de femme  ?

    Chantal Montellier :

    Certaines auteures consacrées – de préférence politiquement correctes et appartenant aux classes sociales les mieux nanties – servent de prétexte pour « représenter » la bande dessinée féminine, comme Claire Brétécher, malgré elle. J’ai le sentiment que cette ségrégation sociale se fait encore plus sentir quand il s’agit de production artistique au féminin, mais je schématise et durcis peut-être un peu les choses. « Dans une société bourgeoise, l’art et l’artiste se doivent d’être bourgeois », disait –en substance- Pierre Francastel dans son livre “peinture et société”...

    Je suis pour une société vraiment mixte et cette mixité passe aussi par les imaginaires et les systèmes de représentations, par les images. Rien ne bougera vraiment si le « ça » de l’inconscient collectif ne bouge pas. Ce n’est pas qu’une affaire de politique. Ou alors de politique de l’imaginaire et du symbolique. Ça ne passera pas par la classe politique telle qu’elle est constituée aujourd’hui, en France ou ailleurs. Certaines idées et pratiques sont vraiment de gauche, mais les images, elles, sont presque toutes de droite, du moins relativement à la problématique qui nous intéresse ici. Bref, je pense sincèrement que l’imaginaire des femmes, côté images, fait encore peur aux différents pouvoirs et qu’il est toujours sous séquestre.

    Comment définiriez-vous votre engagement aujourd’hui  ?

    Chantal Montellier :

    Mon engagement, si c’en est un, mais je dirais plutôt mon combat, est de rouvrir les perspectives, d’élargir les cadres, de redessiner des lignes d’horizon, dans un contexte ou ce n’est guère facile. Les hommes s’admirent volontiers et se gratifient entre eux (et hélas, les femmes ont tendance à les suivre).

    Il y a plus, depuis quelques années, de publication d’images BD au féminin mais la majorité raconte trop souvent la même chose  : laquelle a le plus joli nombril, quelles fringues mettre pour être Chébran et « hyper cool »  ? Notre lauréate et son personnage sont des femmes libres, audacieuses et qui naviguent vers de vastes horizons. Elle a immédiatement fait consensus dans le jury.

    Entretien réalisé par Lucie Servin

    Pour le journal l’Humanité.



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    26 décembre 2009

    Cités perverses

    La pornographie au secours du capitalisme et peut-être même son seul vrai moteur ? Sa structure cachée ?

    Pour le savoir, voici un livre à lire absolument : La Cité perverse (octobre 2009, Denoel), du philosophe Dany-Robert Dufour.

    Quelques lignes de commentaire :

    “Dans son dernier essai, La Cité perverse (octobre 2009, Denoël), le philosophe Dany-Robert Dufour émet l’hypothèse hardie mais lucide d’une réalisation actuelle du projet sadien.

    Le divin marquis fut embastillé, poursuivi, remisé à l’ombre des bibliothèques...et c’est pourtant sa logique perverse qui triomphe aujourd’hui, tant dans nos pratiques quotidiennes que dans le mercantilisme de tous les secteurs d’activités humaines : nous sommes entrés en "pornocratie", un régime axé sur la perversion (du latin pervertere, retourner), dans lequel le corps du roi et de la reine se donnent à voir mais aussi tout ce qui traditionnellement, parce qu’ils ont un lien direct avec notre finitude, se doit d’être caché : le sexe et la mort.

    Dany-Robert Dufour éclaire la définition du terme "pornographie" : qui publie, qui écrit, qui exhibe les activités liées à la prostitution, directement liée aux activités de commerce des individus. C’est donc vers une société pornographique que nous nous acheminons, pas seulement dans nos façons d’exhiber les jouissances privées à des fins commerciales mais aussi dans l’obscénité des escroqueries financières et du système économique actuel (argent décomplexé), dans l’achat (la "putanisation") des chefs d’industries par les actionnaires à des fins financières et non plus industrielles, dans le fait que la logique marchande s’étend à tous les domaines, faisant basculer le moderne et fragile équilibre entre ce qui a un prix d’une part et ce qui a une dignité de l’autre. Pour Kant en effet, philosophe de la modernité, on a soit un prix soit une dignité et ce qui a une dignité n’a pas de prix.

    (...)

    Pour Dany-Robert Dufour, l’œuvre du marquis de Sade nous montre de façon visionnaire ce vers quoi se dirige une société basée sur le laisser-faire des pulsions et le renvoi des instances régulatrices : une société où le bien et le mal s’inversent, la Cité perverse telle que l’a décrite DAF de Sade : relations utilitaires où l’autre n’est que mon objet, isolisme (se passer de l’autre, ne pas le reconnaitre comme personne), sadisme, voyeurisme, déni des différences générationnelles et sexuelles, viols, incestes... Dufour établit de très nombreux parallèles entre l’œuvre du marquis et ces mêmes dénis à notre époque au nom de la libération des pulsions...”


    “La Cité Perverse” ! Quel beau sujet de BD... Si un éditeur susceptible de me suivre là-dessus s’y intéresse, je suis son homme, pardon, sa femme. On pourrait peut-être prendre la ville de l’ancien maire socialiste d’Angoulême, Jean-Michel Boucheron, comme exemple.

    Une chose est sûre, c’est contre cette dérive porno-graphique que j’avais rédigé et publié jadis un texte colérique dans le journal Le Monde, qui était encore sous la responsabilité de Bruno Frappat. Texte signé par quelques sympathisants de la cause.

    Voici :

    Le Monde du 27-28 janvier 1985, n°12441. Texte manifeste intitulé « Navrant », reproduit ici dans son intégralité :

    « Navrante cette soi-disant nouvelle presse percluse des plus vieux et des plus crasseux fantasmes machos.

    Navrant de voir la plupart des journaux de bandes dessinées emboîter le pas, prendre le chemin réducteur de l’accroche-cul et de l’attrape-con. De la « porno à quatre mains », au « strip-tease des copines », en passant par « l’étude comparative des lolitas », « le roi de la tripe », « les nouveaux esclaves », les « mange-merde », j’en passe, les talents se déploient, virils. Ils nous proposent d’accompagner « le grand capitaine Rommel » dans le souffle nouveau de l’aventure.

    Rétro, humour fin de race, potins mondains-branchés, nostalgie coloniale, violence gratuite, poujadisme, sexe-con, fétichisme, sexisme et infantilisme sont à l’ordre du jour.

    Parce que nous aimons certaines bandes dessinées, parce que nous souhaitons que les journaux soient au service des créateurs et pas des seuls marchands, parce que ces derniers réduisent chaque jour davantage la place accordée à la création au profit de l’uniformisation, nous avons voulu réagir, en souhaitant que cette lettre trouve un écho auprès des auteurs comme des lecteurs. »

    Manifeste signé par : Nicole Claveloux, Florence Cestac, Chantal Montellier, et Jeanne Puchol. Soutenues (entre autres) par Arnaud de la Croix, Franck, Thierry Groensteen, Bruno Lecigne, et Pierre Sterckx.


    Ce texte, nous l’avons payé cher ! Nous le payons encore. Ostracisme et rumeurs qui salissent, discréditent, assassinent...

    “Les gens vivent en dormant, la bouche ouverte, les rumeurs y entrent comme des mouches”.

    “Les gens sales, salissent”.

    Ce contre quoi notre “manifeste” s’élevait a finalement en partie triomphé, le dernier avatar en date étant cette écœurante exposition vedette du festival d’Angoulême dernier : “La maison close”, où certaines dessinatrices se sont exhibées en toute liberté. La servitude est aujourd’hui volontaire. Souffrir de cet état de chose et le signifier c’est courir le risque d’être immédiatement rangé dans le rang des censeurs.

    Est-ce à cause de ce manifeste que je fus interdite de festival d’Angoulême pendant des années ? Du moins celles qui furent placées sous le règne dispendieux de Jean-Michel Boucheron.

    Jean-Michel Boucheron fut maire d’Angoulême de 1977 à 1989. Sous son règne la ville d’Angoulême, capitale de la BD, mène, comme lui même, un train de vie fastueux. Il arrose tout sur son passage mais malgré l’étalement et le gaspillage des richesses qui sont connus de tous, les gens de gauche et le quotidien local la Charente libre le défendent ! Pourtant, un entrepreneur devenu chômeur, Marcel Dominici commence très tôt, avant sa deuxième élection, à l’accuser d’abus de biens sociaux, mais il est bien isolé et sera discrédité - les notables angoumoisins le faisant passer pour fou. Par contre au niveau local la démission du trésorier de la mairie l’adjoint Mr Davos, expert comptable, fait plus de bruit.

    Le mécontentement des banlieues, délaissées au profit du centre ville fait élire en 1989 le CDS Georges Chavanes, chrétien honnête et rigoureux. Dès le début de son mandat Georges Chavanes fait état de la mauvaise situation de la ville et met en cause le maire précédent. Il n’est pas inquiété plus que cela pendant trois ans ! Le milieu de la BD, lui, semble regretter l’édile socialiste : “Sous Boucheron, c’était la partouze !” peut-on entendre...

    Toutefois, devant les évidences d’une gestion catastrophique et l’imminence de la levée de son immunité parlementaire, J.M. Boucheron fuit en Argentine en février 1992 avec sa maitresse et ouvre un restaurant à Buenos-Aires : « Chez Agnès ».

    Le 3 décembre 1992, l’Assemblée nationale vote à l’unanimité la levée de son immunité parlementaire. Il est alors sous le coup d’une inculpation de corruption, complicité de faux, recel d’abus de biens sociaux et ingérence.

    Il est extradé en 1997 et jugé par la 11ème chambre du Tribunal correctionnel de Paris qui confirme la peine de quatre ans de prison mais lui accorde le sursis pour deux ans.

    Pour plus d’informations : http://www.lexpress.fr/info/region/dossier/charente/dossier.asp ?ida=452996

    http://clubobs.nouvelobs.com/article/2001/12/15/20011215.TELEOBS157968.xml

    http://www.humanite.fr/1997-06-03_Articles_-La-justice-francaise-retrouve-Jean-Michel-Boucheron


    Comment cet homme a -t-il pu commettre de telles malversations sans complicité ? qui l’a couvert ? le PS ? les francs maçons ? A-t-il été le seul à profiter ? Sûrement pas ! Une partie de l’argent a-t-elle été détournée vers le financement d’un parti ? Pourquoi cet homme n’a fait que deux ans de prison et n’est finalement accusé que de quelques broutilles ? La politique d’austérité de la ville après coup fait râler plus d’un, notamment les anciens de la BD, car évidemment il y a moins de fastes au salon de la BD maintenant.

    Alors ? Angoulême : “cité perverse”, car pendant qu’on y flambait et qu’on y "partouzait", on tenait Chantal Montellier bien à l’écart, justifiant la chose en la salissant. Mais, n’est-ce pas ? Tout a une fin.



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    18 décembre 2009

    13 femmes en lice pour le Prix Artémisia

    De gauche à droite : Martine Huet, Thierry Groensteen, Chantal Montellier, Lili Sztajn, Valérie de Saint-Do, Yves Frémion, Carole Schilling, Miles Hyman.

    Actua BD, magazine d’actualité de la bande dessinée, publie cette semaine un article consacré à l’association Artémisia. A l’occasion du déjeuner de presse organisé par l’association pour présenter sa sélection 2010, Thierry Lemaire interroge Chantal Montellier.

    Pour découvrir l’article sur le site Actua BD, cliquez ICI. Le texte est également en ligne sur le site de Chantal Montellier à la rubrique "Association Artémisia".



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    11 décembre 2009

    Déjeuner de presse de l’association Artémisia

    De gauche à droite : Martine Huet, Thierry Groensteen, Chantal Montellier, Lili Sztajn, Valérie de Saint-Do, Yves Frémion, Carole Schilling, Miles Hyman.

    En ouverture du déjeuner de presse qui s’est tenu le 10 décembre en présence du jury d’Artémisia, la créatrice de l’association "pour la promotion de la bande dessinée féminine", Chantal Montellier, en rappelle le projet et les missions :

    " “J’ai fait un rêve”, moi aussi. J’ai rêvé d’une mixité des genres, notamment dans le domaine des images, quelles soient ou non narratives, de cinéma ou de bande dessinées.

    Le cinéma, notre hôte Jean-Michel Arnold, (voir Wikipédia), sait bien que ce n’est pas un art qui se conjugue facilement au féminin, et qu’il faut chercher longtemps dans l’histoire du genre avant de trouver des noms de femmes de la taille de ceux de Méliès, Eisenstein, Félini, Bunuel, Georges Lucas...

    C’est la décennie d’après 68 qui a amorcé un processus de féminisation dans le mode de la création visuelle. C’est elle qui a eu le mérite d’apporter quelques alternatives à la représentation dominante des sexes et des rapports de sexe, à l’écran et ailleurs. C’est cette décennie qui a permis de donner une voix à des personnages féminins différents des traditionnelles maman, vamp et putain.

    C’est seulement après 68 que certains noms de femmes ont commencé à émerger. Un cinéma lié a ce qu’on appellera dans les années 70 « le cinéma des femmes ». Des noms apparaissent alors, qui illustrent chacun à leur manière une nouvelle façon de “tourner” : Agnès Varda, Coline Serreau, Nelly Kaplan, et plus tard Sophia Coppola, Jane Campion...

    Par rapport à ce mouvement, la “bd des femmes”, elle, reste à faire, même si les années 70 l’ont aidée à apparaître et à s’affirmer. La revue “Ah ! Nana” publiée par les Humanoïdes associés y a contribué, mais elle tomba sous les coups de la censure au 9e numéro, pour une pornographie qu’elle ne contenait pas. La perte de ce support condamna certaines dessinatrices à retourner à la bd pour enfant, territoire assigné aux femmes. Cependant, quelques noms de bédéastes ont réussi à émerger, comme ceux de Claire Brétécher, Nicole Claveloux ou Annie Goetzinger...(et aussi le mien).

    Aujourd’hui en France, si des talents féminins apparaissent chaque jour dans le 9e art, ils sont hélas trop souvent prisonniers des représentations dominantes, comme on a pu, pendant trois ans, en faire le constat au sein d’Artémisia. Cela nous semble être un recul par rapport aux années du féminisme.

    A l’heure ou nous sommes, l’imaginaire et les images des femmes semblent être toujours à libérer, toujours à connaître et reconnaître, toujours à intégrer, et nous y travaillons.

    Il nous semble que l’émancipation des femmes passe par la libération de leur imaginaire, y compris dans les arts narratifs. Certes cela ne va pas sans risque puisque, comme l’écrivait si bien la trop obscure Marie Bashkirtseff, peintre et dessinatrice géniale, doublée d’un excellent écrivain, mais morte trop jeune hélas : “La femme qui s’émancipe ainsi (par la création artistique), surtout si elle est jeune et jolie, devient immédiatement une créature singulière, remarquée, blâmée, toquée, et, par conséquent, encore moins libre qu’en ne choquant pas les usages idiots de la société.”

    C’est contre ces “usages idiots”, qui ne cessent pourtant de se reproduire, que veut se battre Artémisia, placée sous le double patronage de l’artiste caravagesque Artémisia Gentileschi et de la déesse des femmes, Artémis, qui veille avec arcs et flèches sur les zones de passage et nous l’espérons, sur celle-ci."

    Pour Artémisia

    Chantal Montellier

    Chantal Montellier et Thierry Groensteen

    Vous pouvez découvrir les autres photographies du déjeuner dans la rubrique "Association Artémisia", sur le site de Chantal Montellier.



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    29 novembre 2009

    Séance de dédicaces à la Librairie Goscinny

    La Librairie Goscinny vous invitait à rencontrer Chantal Montellier pour une séance de dédicaces, jeudi 10 décembre, à partir de 18h :

    "Le Procès de Kafka, adapté par David Mairowitz et dessiné par Chantal Montellier, est enfin disponible en français (éd. Actes Sud BD).

    Il fallait tout le talent et la personnalité de Chantal Montellier pour mettre en images ce chef d’oeuvre de la littérature contemporaine. Et ses images sont de celles que l’on n’oublie pas !"

    Chantal et Michel Lebailly, le libraire

    Pour ceux qui ont loupé cette rencontre, la Librairie prolonge la mini expo de planches originales de Chantal : du "procès" mais aussi des "Damnés de Nanterre", de "Julie Bristol"…

    Et quelques "procès", signés par l’auteur, vous y attendent !

    Librairie Goscinny :

    5 bis rue René Goscinny, 75013 Paris

    Métro/RER Bibliothèque Mitterrand

    Renseignements : 06 10 82 65 18



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    24 novembre 2009

    Sarkozy aussi !



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    16 octobre 2009

    Imparfait du subjectif.

    Oui, l’auteur de BD comme sujet pensant et subversif disparaît, bien sûr...

    Les éléments de la contre-culture sont tôt ou tard assimilés par la culture (officielle) dont c’est là sa défense et sa survie. Sa défense car elle est mise en danger. Sa survie car autrement elle meurt de conservatisme et consanguinité. Dans un premier temps, l’élément de contre-culture est récupéré par la culture qui, dans un deuxième temps le vide de sens.

    Les boucles aux oreilles masculines nous viennent de la contre-culture gay. Les contestataires hétéros on tout d’abord récupéré les boucles (et se faisaient traiter de pédés), puis celles-ci ont fini par être portées par les derniers des beaufs. Exit le sens.

    Les tatouages nous viennent de la contre-culture des prisonniers. A présent, le moindre BCBG arbore son tribal à la mode, choisi au dernier moment dans le catalogue standard du tatoueur du coin de la rue. Exit le sens.

    Dans les années 70, la communauté des bodybuilders était une contre-culture, des fous passionnés, tels les plus radicaux des alpinistes, qui sculptaient leur corps hors de la mesure socialement acceptée, prise en compte du corps, liberté, transcendance. De nos jours, les salles sont remplies de rugbymen qui veulent ressembler à des chippendales, des monsieur et madame tout le monde qui veulent se muscler, "un peu mais pas trop", à l’image de toutes leurs stars people d’Hollywood calibrées, liftées et uniformisés (les bodybuilders purs et durs ayant été chassés des salles devenues des lieux aseptisés de rencontre et d’exhibition). Exit la sueur et le sens.

    La BD fut un élément de contre-culture jusque dans le milieu des années 80. Récupérée d’abord puis vidée de sens, elle trône à présent dans les rayons bien propres de Cultura, des auteurs qui dessinent comme leur voisin et débitent des bons sentiments dans une soupe de bien-pensance light et digeste et dont on se demande qui peut bien les lire, dont on peut également se demander comment ils se distinguent eux-mêmes les uns des autres. Les grandes maisons d’éditions ont même leur collection "Auteurs Indépendants", pour faire comme si (cela n’a aucun sens, seul l’éditeur peut être indépendant, l’auteur devrait l’être par définition !!!).

    Je crois cependant que la BD n’a pas toute été récupérée et qu’elle demeure une contre-culture - tout du moins potentielle...

    Bernard Dato



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    • Imparfait du subjectif.
      1er novembre 2009, par Lan Prima

      Je voulais réagir à cet article. Concernant la question de la bande dessinée dans le domaine de la contre- culture, j’oserais dire que la bande dessinée des années 1970 (dans ses environs et un peu au début des années 80) s’est faite aussi dans le sillage du rock (et je pense aussi à la peinture des Erro ou Combas). Il y avait des passerelles (dites moi si je me trompe) entre plusieurs domaines artistiques. Ce que j’ose constater, c’est qu’il y a depuis quelque temps des barrières entre les domaines artistiques et artisanaux (depuis, l’explosion Internet crée une petite ébauche inverse), et le public d’aujourd’hui semble vouloir à tout prix cloisonner encore plus les choses. Celui-ci souhaite que la bd ne soit que divertissante mais "pas comme la télé tout de même" et d’autant plus, beaucoup attendent un équivalent avec le cinéma (en particulier hollywoodien). Contre-culture ou culture, pour moi, la question n’est-elle pas de renouer des passerelles plus évidentes entre différents domaines, métiers, professions, etc. ?

      (Petit aparté sur la boucle d’oreille : les marins de l’ancien temps portaient aussi des boucles d’oreilles, au cas où ils meurent en mer, celles-ci seraient à remettre à leurs épouses).

    11 octobre 2009

    La première dame de France. A l’identique de toutes les dernières ?



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    • La première dame de France. A l’identique de toutes les dernières ?
      7 décembre 2009

      Je la trouve moche et maigre, dedans elle est pareille tu crois ?

      Bizzz A

    11 octobre 2009

    Subjectif, forcément subjectif.

    En revenant du front. Ou, de Mai 68 à Octobre 2009.

    Je rentre, après en avoir fui, d’un festival bd qui m’a fort déprimée par le degré d’instrumentalisation des dessinateurs présents : une armée de trenta, tondus à ras pour la plupart, (à l’extérieur comme à l’intérieur ?), le tout baignant dans des imaginaires fleurant bon la régression, pour ne pas dire pire.

    Il y avait là des dizaines de dessinateurs et seulement deux femmes dessinatrices Théa Rojzman (La réconciliation, Carnet de rêves) et moi. La répulsion bien connue face à l’imaginaire féminin n’est sûrement pas la seule explication. Une évidence aussi : l’héritage que ce que ma génération et la précédente (Claveloux, Munoz, Crépax, Buzzelli, Cabannes et tous les dessinateurs sachant ce que dessiner veut dire...) auraient pu transmettre, semble avoir été coupé court.

    J’avais avec moi un livre de François Cusset Contre-discours de Mai (Actes Sud), qui m’a beaucoup soutenue dans cette épreuve... “Interrompre l’héritage, ne rien laisser derrière soi, enterrer ou réduire en cendres ce qu’on ne voudrait pas voir changer de mains”, y ai-je lu. J’en avais le résultat sous les yeux ! Mais le pire a été évité ! Les penseurs et dessinateurs critiques suppôts du goulag furent efficacement mis hors d’état de nuire dans les années 80, on peut désormais exploiter le cheptel en toute liberté !

    Reste pendante la question du rôle de l’image narrative pour aliéner ou libérer, aider à grandir ou maintenir dans l’immaturité tout un peuple. “... Ils sont les nouvelles cohortes des créatifs (...) ils n’en sont pas moins les petites mains mal payées d’un capitalisme culturel et cognitif qu’ils engraissent pour leur malheur”, écrit encore François Cusset, p. 56, dans son “contre-discours".

    Dans un tel contexte plus rien ne semble répondre à la subjectivité des gens comme moi et la déshérence semble la seule perspective, ce qui est “une excellente chose pour tous les officiers recruteurs, quel que soit le parti qui les paie”. Nous sommes désormais à des années lumière ou plutôt des années ténèbre de cette ‘indissociabilité nouvelle, l’enchevêtrement absolument inédit de la fête et de l’hyperconscience sociale, de l’allégresse , de la politique, du sexe et de la guérilla...” En écrivant cela je me souviens avec nostalgie d’une autre fête “ vite arrachée à son contexte politique et remise en jeu bientôt dans les structures de la domination.” F.C., p. 65.

    Le “dessineux” de 2009, contrairement à celui de 68 et des 10 années qui ont suivies, fait, ou on lui dit de faire, et rien ne dépasse des cases ni de leur contenu, aussi stéréotypé qu’ artificiellement dessiné. Ils sont tous bien rangés dans leur enclos, derrière leurs tables, tenus en laisse par quelques maigres saucisses et face à un public à leur image : soumis, infantilisé, abêti ; serviteurs volontaires du “goulag-mou” (comme dirait mon ami Jacques Mondoloni) ; travaillant toujours plus pour gagner moins et se croyants libres, « Arbeit macht frei. » Plus rien de festif, ni d’insolent ; disparue l’hyperconscience sociale, vaporisés l’allégresse, la politique et même le sexe, hormis celui des prédateurs qui nous gouvernent, qu’ils s’appellent Clinton, Berlusconi ou Frédéric Mitterrand. A ce sujet, après que la gauche caviar eut pendant 15 ans sodomisé le “peuple de gauche”, voici que Frédéric Mitterrand, non content d’étaler sa “mauvaise vie” dans les vitrines des librairies, cherche maintenant à nous émouvoir en expliquant que le “viol” tarifé des pauvres types croupissants dans les bordels thaïlandais, lui a servi à “apaiser ses tourments d’homosexuel mal assumé” (le pauvre ! Comme on le plaint !). Comme l’écrit pudiquement la journaliste Mona Cholet, “S’abriter derrière son statut d’artiste pour justifier cet usage consolatoire de plus faible que soi ne va pas sans poser quelques problèmes. Frédéric Mitterrand se trouve en position de dominant non seulement parce qu’il paie un jeune Thaïlandais pour que celui-ci se mette au service de son désir (« I want you happy » : comme c’est touchant), mais aussi parce qu’il en fait ensuite un livre, dont la puissance littéraire n’a pas échappé à nos chevronnés esthètes braves patriotes, et dans lequel il projette sur le jeune homme les sentiments qui lui conviennent, avec cette étonnante capacité à se raconter des histoires que manifestent les clients de la prostitution (« Le fait que nous ne puissions pas nous comprendre augmente encore l’intensité de ce que je ressens et je jurerais qu’il en est de même pour lui » - voir les extraits sur le site du Monde). La tendance actuelle à la délégitimation et à l’effacement de la subjectivité des dominés peut d’ailleurs s’observer dans des domaines très différents.”

    A un tout autre niveau, l’effacement progressif de tout un pan de la subjectivité des auteurs de bandes dessinées et notamment (surtout) de ceux d’origine populaire, ne participe t-il pas du même processus ?

    Nous revoici donc pris dans les clôtures policières bien plantées et bien gardées, et ce n’est pas la paralysie des derniers esprits critiques en fauteuils roulants qui pourront nous sauver. Reste nous-mêmes !

    Et pour finir, un bout de poème :

    J’en ai tant vu qui s’en allèrent

    Ils ne demandaient que du feu

    Ils se contentaient de si peu

    Ils avaient si peu de colère

    J’entends leurs pas j’entends leurs voix

    Qui disent des choses banales

    Comme on en lit sur le journal

    Comme on en dit le soir chez soi

    Ce qu’on fait de vous hommes femmes

    O pierre tendre tôt usée

    Et vos apparences brisées

    Vous regarder m’arrache l’âme

    ...

    Votre enfer est pourtant le mien

    Nous vivons sous le même règne

    Et lorsque vous saignez je saigne

    Et je meurs dans vos mêmes liens

    Quelle heure est-il quel temps fait-il

    J’aurais tant aimé cependant

    Gagner pour vous pour moi perdant

    Avoir été peut-être utile

    C’est un rêve modeste et fou

    Il aurait mieux valu le taire

    Vous me mettrez avec en terre

    Comme une étoile au fond d’un trou

    Louis ARAGON



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    10 octobre 2009

    Le Procès, d’après l’oeuvre de Franz Kafka

    "Ecrire, créer, c’est faire un bond hors du rang des assassins", Franz Kafka.

    La traduction en français du Procès de Kafka, adaption de Chantal Montellier et David Zane Mairovitz, sera disponible en librairie dès mi-novembre 2009.

    L’œuvre est traduite de l’anglais par Béatrice Castoriano.



    Forum

    1er octobre 2009

    Enervement

    Les dessinatrices de « gauche » se mettent à penser ! Cela va t-il faire mal aux mâles surpuissants de la boîte à neurones ?

    En réponse à un email envoyé par un ami qui pensait bien faire, « Séminaire d’Alain Badiou. Année universitaire 2009-2010 », je dis ceci : “- Cela fait des lustres qu’on va écouter les Badiou and co (co) assis sur nos culs, des lustres qu’on va écouter les Maîtres-rentiers du Savoir nous expliquer comment sortir de la caverne où ils sont eux mêmes assis sur les meilleures peaux, les plus épaisses. Cela avant d’aller manger un pied de cochon au Balzar entre soi et soie, soieries (et soies de cochons of course) !

    Enfin, quelque chose comme ça.

    Au final, c’est toujours les mêmes cochons qui trinquent ! (serais -je devenue populiste et anti-intello ? My god !!!) dont les badiou ne sont pas, bandes de planqués des institutions, révolutionnaires en peau d’âne ! Ombres de mots sur la caverne de nos espoirs naïfs, à nous « peuple de gauche », enculé jusqu’au trognon ! (Mais si, j’aime les intellectuels institutionnels ! Bien cuits ! Assis autour du feu devant la caverne en respirant l’air pur des forêts primitives !)

    Alors debout les damnés du « matérialisme démocratique » et pas pour aller écouter les Maîtres ! (Voyez le Kangourou nomade, il agit à sa manière, dérisoire mais efficace, contre les gros cons bien laids, et leur botte leurs gros culs... C’est déjà ça !)

    Sans compter que comme grande idée « LA GAUCHE » c’est quand même un millipoil abstrait ! (Les bêtes de la caverne, sont bien plus réelles !)

    Badiou poil au biniou ! Bon, je sais j’exagère ! C’est un coup de sang, ça va passer. Mes excuses ! Je suis une émotive et une excessive, c’est héréditaire. Et Badiou , c’est pas le pire de mon point de vue, qui est très subjectif et n’engage que moi.

    Voilà même de la pub pour ces séances « monumentales » :

    Séminaire d’Alain Badiou. Année universitaire 2009-2010.

    "Il est impossible de penser une césure quelconque dans les représentations dominantes sans s’en prendre à leur noyau, qui est ce que j’ai appelé le « matérialisme démocratique », et dont tout le ressort est qu’il n’y a rien d’absolu ni de vrai, mais seulement l’égalité des convictions personnelles et la finitude animale des identités.

    Pourquoi notre guide, au regard de cette situation, est-il, depuis deux ans, Platon ? C’est que Platon a tenté la première justification rationnelle du point que voici : une vie digne de ce nom, la « vraie vie », pour parler comme Rimbaud, ne peut être qu’une vie où opère une Idée. Vivre, ce qui s’appelle vivre, suppose donc que quelque accès aux vérités absolues nous soit ouvert.

    Pour parler selon les images du Maître, on dira que toute vraie vie opère une sortie de la Caverne.

    Que cette sortie ne puisse se faire qu’en force, c’est bien ce que Platon affirme sans ambages. Il pressent aussi que le plus difficile est de se garder des fausses sorties, celles qui, doucement, pacifiquement, nous persuadent qu’on peut sortir sans sortir, qu’il suffit pour cela de se rapprocher d’une porte factice, trompe-l’œil majeur de ce qui, en fait d’images, se dispose dans notre Caverne « occidentale ».

    L’année dernière, nous avons démontré que ce trompe-l’œil est aussi bien une Idée, à savoir l’Idée qu’on peut sortir sans Idée. J’ai proposé d’appeler cette Idée : la Gauche, laquelle inclut sans aucun doute sa propre gauche, la gauche de la gauche, petite fausse porte à gauche de la grande.

    D’où que le sens authentique du platonisme est celui d’une double rupture : entre les opinions et les vérités, ce qui exige qu’on soit fidèle à quelque événement ; entre l’événement et son semblant, ce qui exige qu’on rompe avec ce qui nous vend l’oxymore d’une émancipation installée.

    Nous allons conclure cette année, par une récapitulation monumentale de ce platonisme revisité. Nous parlerons de l’Idéation requise, des vérités éternelles, du Communisme sans Etat, de la crise de la négation, de la violence immanente. Nous parlerons, en somme, de toutes les conditions contemporaines de la vraie vie.

    Il y aura une séance par mois à partir d’Octobre, le mercredi à 20 heures, à l’Ecole Normale Supérieure, 29 rue d’Ulm, salle Jules Ferry. Les dates proposées à ce jour sont les suivantes : 28 octobre, 18 novembre, 16 décembre, 13 janvier, 17 février, 17 mars, 14 avril, 19 mai, 9 juin."



    Forum

    30 septembre 2009

    Questions du jour


    - Savez-vous comment s’appelle une créature de sexe féminin qui ose s’exprimer, créer, rendre ses œuvres visibles sans l’autorisation de ses parents, de son mari, de son curé, de son chef de parti politique, de son psychanalyste, de son commissaire de police et d’exposition, et de quelques grands macs du marché ?

    Une folle ! (entendez une incontrôlable).

    - Savez-vous comment s’appelle une femme qui se fait ostraciser car ayant osé s’exprimer sans... (voir plus haut) ?

    Un “kangourou nomade” ? Pire ! “Une paranoïaque”. (“Seul le paranoïaque perçoit tout”, disait Lacan)

    Soyons tous des paranoïaques nomades (de la pensée et de l’action). Non ?



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    16 juillet 2009

    Vers l’extermination soft et technologiquement convenable ?

    PRÉCIS D’HUMILIATION

    Bernard Noël - avril 2009

    Toujours, l’État s’innocente au nom du Bien public de la violence qu’il exerce. Et naturellement, il représente cette violence comme la garantie même de ce Bien, alors qu’elle n’est rien d’autre que la garantie de son pouvoir et de ses privilèges. Cette réalité demeure masquée d’ordinaire par l’obligation d’assurer la protection des personnes et des propriétés, (“la propriété c’est le vol disait Bakounine”, un esprit égaré) c’est-à-dire leur sécurité. Tant que cette apparence est respectée, tout paraît à chacun normal et conforme à l’ordre social. La situation ne montre sa vraie nature qu’à partir d’un excès de protection qui révèle un excès de présence (et de paranoïa ?) policière. Dès lors, chacun commence à percevoir une violence latente, qui ne simule d’être un service public que pour asservir ses usagers. Quand les choses en sont là, l’État doit bien sûr inventer de nouveaux dangers pour justifier le renforcement exagéré de sa police : le danger le plus apte aujourd’hui à servir d’excuse est le “terrorisme”.

    Le prétexte du terrorisme a été beaucoup utilisé depuis un siècle, et d’abord par les troupes d’occupation. La fin d’une guerre met fin aux occupations de territoires qu’elle a provoquées sauf si une colonisation lui succède. Quand les colonisés se révoltent, les occupants les combattent au nom de la lutte contre le terrorisme. Tout résistant est donc qualifié de « terroriste » aussi illégitime que soit l’occupation. En cas de « libération », le terroriste jusque-là traité de « criminel » devient un « héros » ou bien un « martyr » s’il a été tué ou exécuté.

    Les héros et les martyrs se sont multipliés depuis que les guerres ont troqué la volonté de domination contre celle d’éradiquer le « terrorisme ». Cette dernière volonté est devenue universelle depuis les attentats du 11 septembre 2001 contre les tours du World Trade Center : elle a même été sacralisée sous l’appellation de guerre du Bien contre le Mal. Tous les oppresseurs de la planète ont sauté sur l’occasion de considérer leurs opposants comme des suppôts du Mal, et il s’en est suivi des guerres salutaires, des tortures honorables, des prisons secrètes et des massacres démocratiques. Dans le même temps, la propagande médiatique a normalisé les actes arbitraires et les assassinats de résistants pourvu qu’ils soient « ciblés ».

    Tandis que le “Bien” luttait ainsi contre le “Mal”, il a repris à ce dernier des méthodes qui le rendent pire que le mal. Conséquence : la plupart des États — en vue de ce Bien là — ont entouré leur pouvoir de précautions si outrées qu’elles sont une menace pour les citoyens (surtout non propriétaires) et pour leurs droits. Il est par exemple outré que le Président d’une République, qui passe encore pour démocratique, s’entoure de milliers de policiers quand il se produit en public. Et il est également outré que ces policiers, quand ils encombrent les rues, les gares et les lieux publics, traitent leurs concitoyens avec une arrogance et souvent une brutalité qui prouvent à quel point ils sont loin d’être au service de la sécurité.

    Nous sommes dans la zone trouble où le rôle des institutions et de leur personnel devient douteux. Une menace est dans l’air, dont la violence potentielle est figurée par le comportement des forces de l’ordre, mais elle nous atteint pour le moment sous d’autres formes, qui semblent ne pas dépendre directement du pouvoir. Sans doute ce pouvoir n’est-il pas à l’origine de la crise économique qui violente une bonne partie de la population, mais sa manière de la gérer est si évidemment au bénéfice exclusif de ses responsables que ce comportement fait bien davantage violence qu’une franche répression. L’injustice est tout à coup flagrante entre le sort fait aux grands patrons et le désastre social généré par la gestion due à cette caste de privilégiés, un simple clan et pas même une élite.

    La violence policière courante s’exerce sur la voie publique ; la violence économique brutalise la vie privée. Tant qu’on ne reçoit pas des coups de matraque, on peut croire qu’ils sont réservés à qui les mérite, alors que licenciements massifs et chômage sont ressentis comme immérités. D’autant plus immérités que l’information annonce en parallèle des bénéfices exorbitants pour certaines entreprises et des gratifications démesurées pour leurs dirigeants et leurs actionnaires. Au fond, l’exercice du pouvoir étant d’abord affaire de « com » (communication) et de séduction médiatique, l’État et ses institutions n’ont, en temps ordinaire, qu’une existence virtuelle pour la majorité des citoyens, et l’information n’a pas davantage de consistance tant qu’elle ne se transforme pas en réalité douloureuse. Alors, quand la situation devient franchement difficile, la douleur subie est décuplée par la comparaison entre le sort des privilégiés et la pauvreté générale de telle sorte que, au lieu de faire rêver, les images « people » suscitent la rage. Le spectacle ne met plus en scène qu’une différence insupportable et l’image, au lieu de fasciner, se retourne contre elle-même en exhibant ce qu’elle masquait. Brusquement, les cerveaux ne sont plus du tout disponibles !

    Cette prise de conscience n’apporte pas pour autant la clarté car le pouvoir dispose des moyens de semer la confusion. Qu’est-ce qui, dans la « Crise », relève du système et qu’est-ce qui relève de l’erreur de gestion ? Son désastre est imputé à la spéculation, mais qui a spéculé sinon principalement les banques en accumulant des titres aux dividendes mirifiques soudain devenus « pourris ». Cette pourriture aurait dû ne mortifier que ses acquéreurs puisqu’elle se situait hors de l’économie réelle mais les banques ayant failli, c’est tout le système monétaire qui s’effondre et avec lui l’économie.

    Le pouvoir se précipite donc au secours des banques afin de sauver l’économie et, dit-il, de préserver les emplois et la subsistance des citoyens. Pourtant, il y a peu de semaines, la ministre de l’économie assurait que la Crise épargnerait le pays, puis, brusquement, il a fallu de toute urgence donner quelques centaines de milliards à nos banques jusque-là sensées plus prudentes qu’ailleurs. Et cela fait, la Crise a commencé à balayer entreprises et emplois comme si le remède précipitait le mal.

    La violence ordinaire que subissait le monde du travail avec la réduction des acquis sociaux s’est trouvée décuplée en quelques semaines par la multiplication des fermetures d’entreprises et des licenciements. En résumé, l’État aurait sauvé les banques pour écarter l’approche d’un krach et cette intervention aurait bien eu des effets bénéfiques puisque les banques affichent des bilans positifs, cependant que les industries ferment et licencient en masse. Qu’en conclure sinon soit à un échec du pouvoir, soit à un mensonge de ce même pouvoir puisque le sauvetage des banques s’est soldé par un désastre ?

    Faute d’une opposition politique crédible, ce sont les syndicats qui réagissent et qui, pour une fois, s’unissent pour déclencher grèves et manifestations. Le 29 janvier, plus de deux millions de gens défilent dans une centaine de villes. Le Président fixe un rendez-vous aux syndicats trois semaines plus tard et ceux-ci, en dépit du succès de leur action, acceptent ce délai et ne programment une nouvelle journée d’action que pour le 19 mars. Résultat de la négociation : le « social » recevra moins du centième de ce qu’ont reçu les banques. Résultat de la journée du 19 mars : trois millions de manifestants dans un plus grand nombre de villes et refus de la part du pouvoir de nouvelles négociations.

    La crudité des rapports de force est dans la différence entre le don fait aux banques et l’obole accordée au social. La minorité gouvernementale compte sur l’impuissance de la majorité populaire et la servilité de ses représentants pour que l’Ordre perdure tel qu’en lui-même à son service. On parle ici et là de situation « prérévolutionnaire », mais cela n’empêche ni les provocations patronales ni les vulgarités vaniteuses du Président. Aux déploiements policiers s’ajoutent des humiliations qui ont le double effet d’exciter la colère et de la décourager. Une colère qui n’agit pas épuise très vite l’énergie qu’elle a suscitée.

    La majorité populaire, qui fut séduite et dupée par le Président et son clan, a cessé d’être leur dupe mais sans aller au-delà d’une frustration douloureuse. Il ne suffit pas d’être la victime d’un système pour avoir la volonté de s’organiser afin de le renverser. Les jacqueries sont bien plus nombreuses dans l’histoire que les révolutions : tout porte à croire que le pouvoir les souhaite afin de les réprimer de façon exemplaire. Entre une force sûre d’elle-même et une masse inorganisée n’ayant pour elle que sa rage devant les injustices qu’elle subit, une violence va croissant qui n’a que de faux exutoires comme les séquestrations de patrons ou les sabotages. Ces actes, spontanés et sans lendemain, sont des actes désespérés.

    Il existe désormais un désespoir programmé, qui est la forme nouvelle d’une violence oppressive ayant pour but de briser la volonté de résistance. Et de le faire en poussant les victimes à bout afin de leur démontrer que leur révolte ne peut rien, ce qui transforme l’impuissance en humiliation. Cette violence est systématiquement pratiquée par l’un des pays les plus représentatifs de la politique du bloc capitaliste : elle consiste à réduire la population d’un territoire au désespoir et à la maintenir interminablement dans cet état. Des incursions guerrières, des bombardements, des assassinats corsent régulièrement l’effet de l’encerclement et de l’embargo. Le propos est d’épuiser les victimes pour qu’elles fuient enfin le pays ou bien se laissent domestiquer.

    L’expérimentation du désespoir est poussée là vers son paroxysme parce qu’elle est le substitut d’un désir de meurtre collectif qui n’ose pas se réaliser. Mais n’y a-t-il pas un désir semblable, qui bien sûr ne s’avouera jamais, dans la destruction mortifère des services publics, la mise à la rue de gens par milliers, la chasse aux émigrés ? Cette suggestion n’est exagérée que dans la mesure où les promoteurs de ces méfaits se gardent d’en publier clairement les conséquences. Toutefois à force de délocalisations, de pertes d’emplois, de suppressions de lits dans les hôpitaux, de remplacement du service par la rentabilité, d’éloges du travail quand il devient introuvable, une situation générale est créée qui, peu à peu, met une part toujours plus grande de la population sous le seuil du supportable et l’obligation de le supporter.

    Naturellement, le pouvoir accuse la Crise pour s’innocenter, mais la Crise ne fait qu’accélérer ce que le Clan appelait des réformes. Et il ose même assurer que la poursuite des réformes pourrait avoir raison de la Crise… Les victimes de cette surenchère libérale sont évidemment aussi exaspérées qu’impuissantes, donc mûres pour le désespoir car la force de leur colère va s’épuiser entre un pouvoir qui les défie du haut de sa police, une gauche inexistante et des syndicats prenant soin de ne pas utiliser l’arme pourtant imbattable de la grève générale.

    Pousser à la révolte et rendre cette révolte impossible afin de mater définitivement les classes qui doivent subir l’exploitation n’est que la partie la plus violente d’un plan déjà mis en œuvre depuis longtemps. Nombreux sont, dans la classe politique, ceux qui y ont collaboré. Sans doute cette accélération opportune a-t-elle été provoquée par la Crise et ses conséquences économiques, lesquelles ont mis de la crudité dans les intérêts antipopulaires de la domination, mais la volonté d’établir une passivité générale au moyen des médias avait déjà poussé très loin son plan. Cette passivité s’est trouvée brusquement troublée par des atteintes insupportables à la vie courante si bien — comme dit plus haut — que les cerveaux ont cessé d’être massivement disponibles. Il fallait dès lors décourager la résistance pour que son mouvement rendu en lui-même impuissant devienne le lieu d’une humiliation exemplaire ne laissant pas d’autre alternative que la soumission. Ainsi le pouvoir économique, qui détient la réalité du pouvoir, dévoile sa nature totalitaire et son mépris à l’égard d’une majorité qu’il s’agit de maintenir dans la servilité en attendant qu’il soit un jour nécessaire de l’exterminer.

    Bernard Noël



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    13 juillet 2009

    La dignité de l’homme exige qu’il porte la burqa

    Point de vue

    La dignité de l’homme exige qu’il porte la burqa, par Pierrette Fleutiaux LE MONDE | 04.07.09 | 14h28

    Si j’étais un homme pieux, voici ce que je proposerais. La femme est un être faible, soumis à toutes les tentations, nous le savons depuis la nuit des temps. Elle est concupiscente, tout entière la proie de pulsions condamnables. Son corps aspire à celui de l’homme, la société doit maîtriser ce corps, dès son plus jeune âge. La burqa peut sembler une réponse appropriée. Contraindre les mouvements de la femme, la ramener à la modestie, encadrer les désirs sauvages qui lui sont naturels, qui troublent son esprit et corrompent la société, relève du devoir de l’homme respectueux de l’ordre divin.

    Cependant, peut-être avons-nous fait erreur non pas dans l’interprétation de la loi divine, mais dans les moyens de la mieux appliquer. En effet, les yeux de la femme, même derrière un grillage, même dans la fente du niqab, restent libres. La vision périphérique en est certes limitée, mais la perversité naturelle de la femme lui fera trouver le moyen de contourner ce léger handicap. La femme en burqa continue de voir. On imagine quelles turpitudes alors peuvent agiter son esprit. Cachée sous son voile intégral, la femme peut encore se livrer à la débauche mentale.

    Une solution serait de l’aveugler totalement, par le moyen d’un bandeau ou tout autre moyen non cruel mais efficace. Cette solution est à écarter : la femme ne pourrait plus en effet accomplir les tâches auxquelles la destine sa condition subalterne : nourrir l’homme et ses fils, conduire les fils de l’homme à l’école, et faire toutes choses qui dégagent l’homme des tâches matérielles, facilitent l’exercice de son vouloir et son étude des textes sacrés.

    Je soumets ici une modeste proposition à mes frères. Que les hommes portent la burqa, qu’ils s’approprient ce vêtement que dévoie trop facilement la femme. L’homme est beau, l’homme est la création première de Dieu, la femme le désire indécemment. Ne lui donnant pas la liberté de convoiter, ne tentons pas sa faible nature.

    Voyez l’homme derrière lequel marche la femme en burqa. Même voilée, justement parce que voilée, elle a toute licence de contempler les bras que montrent les chemisettes d’été, les pieds dans les sandales, les fesses agiles et les jambes qui se devinent sous les pantalons, les poitrines mâles et les visages nobles. L’homme croit avoir mis la femme à l’abri de tout danger dans sa prison portative de la burqa. En réalité, il lui accorde une liberté scandaleuse.

    L’homme en burqa brisera net l’élan pervers de la femme. Ces yeux brillants, qui transpercent le voile le plus épais, se heurteront à un mur. Ainsi privée dans la journée, elle n’en sera dans sa maison que plus portée à répondre aux besoins sexuels légitimes de son époux.

    Que la femme aille dans la rue dans les atours aguicheurs qu’elle ne manquera pas de se choisir. Son regard s’épuisera sur les autres femmes, elle y verra comme dans un miroir sa propre indécence, sa futilité même la détournera de toute compétition malsaine avec l’homme. Quant à cette exposition de la féminité, elle ne saurait nuire à l’homme. Il s’y verra conforté dans son incontestable supériorité. Il saura, dans les autres burqas, reconnaître les hommes pieux et respectueux de la loi, et ainsi renforcera nécessairement la belle et indispensable communauté masculine.

    ORDRE DIVIN

    Repoussons cette croyance absurde qu’il faudrait voiler les femmes pour que les hommes ne soient pas portés à désirer celles d’autrui. Une telle croyance est mécréante : elle accrédite l’idée que l’homme a été créé libidineux, violeur par nature et faible devant ses désirs. Et que, devant toute femme passant sous ses yeux, s’éveille aussitôt en lui la pulsion de lui sauter sur le râble pour consommer l’oeuvre de chair. L’homme a en lui la force de l’âme et le respect naturel de l’ordre divin. L’homme n’a rien à craindre des misérables appâts de la femme.

    Enfin, reconnaissons qu’il y a grand danger à abandonner les fils de l’homme aux soins de la femme. Son faible entendement ne peut que leur nuire. A l’homme de prendre en charge l’homme dans le nourrisson, à lui de le langer, le nourrir, le soigner. Une fois sa tâche reproductive accomplie, que la femme dirige ses agissements erratiques vers l’extérieur, qu’elle s’en aille piailler dans les assemblées publiques, mais que ses miasmes ne corrompent plus le foyer sacré de l’homme. La dignité de l’homme exige qu’il porte la burqa. La burqa est faite pour l’homme.

    Ecrivaine

    Pierrette Fleutiaux



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    29 juin 2009

    "Les femmes peinent à percer les bulles"

    Christophe Cassiau-Haurie propose un article intitulé "Les femmes peinent à percer les bulles" sur le site "africultures". Autour du succès des trois tomes Aya de Yopougon, création de Marguerite Abouet, scénariste ivoirienne et membre du jury de l’association Artémisia, l’auteur de l’article s’intéresse aux bandes dessinées faites par des femmes africaines. Le contenu de cet article est accessible ici.



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    11 juin 2009

    Le dernier ouvrage à paraître de Thierry Groensteen

    Quelques informations sur l’ouvrage en question :

    C’est un gros livre de 456 pages, format 27 x 30 cm, qui tiendra lieu de catalogue au nouveau Musée de la bande dessinée d’Angoulême, dont l’inauguration aura lieu le 20 juin. Son titre : La Bande dessinée, son histoire et ses maîtres.

    Le livre comporte quatre parties :
    - une histoire de la BD d’expression française ;
    - une histoire de la BD américaine ;
    - un chapitre de réflexion esthétique : “Les Maîtres du trait” ;
    - un chapitre plus technique sur le processus d’élaboration d’une bande dessinée : “L’Atelier du dessinateur”.

    Le livre comporte 400 illustrations. Il est vendu au prix de 49 €. Il paraît chez Skira Flammarion le 24 juin.



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